Pourquoi nous avons créé Blive : la troisième voie
Comment une expérience d'hospitalisation familiale nous a fait inventer une troisième voie entre les soignants et les associations.

C'est un article que j'écris pour la première fois.
Depuis qu'on a lancé Blive, je raconte notre histoire par bouts — dans un email à un directeur d'hôpital, dans un post LinkedIn, dans un pitch. Mais je n'ai jamais pris le temps de la poser entièrement.
Voilà. Je le fais aujourd'hui, parce que je crois que ceux qui découvrent Blive ont le droit de savoir d'où on vient, pourquoi on fait ça, et où on veut aller.
Tout a commencé à l'hôpital
Pendant des années, j'ai construit des produits dans la tech. C'est ce que j'aimais, c'est ce que je faisais bien. Des plateformes, des applications, des sites — l'efficacité, la vitesse, la logique, la résolution de problèmes par le code.
Et puis un jour, un proche s'est retrouvé hospitalisé.
Pas une opération bénigne. Un séjour long, difficile, qui s'étire en semaines. Avec ma sœur, on s'est organisés comme on a pu. Elle, dans le sud. Moi, à Paris. Nos vies professionnelles, nos enfants, nos vies tout court qui continuaient pendant que lui était cloué là, dans une chambre blanche, à attendre.
On essayait d'être là le plus possible. Mais « le plus possible » n'a jamais été assez. Les visites étaient trop courtes, trop espacées. Entre deux, on l'appelait, on lui envoyait des messages, on demandait aux infirmières comment il allait. Et on culpabilisait. Tout le temps.
Le déclic
Un soir, je suis arrivé pour une visite. Il n'avait pas été coiffé depuis dix jours. Personne n'avait pris ce temps-là. Pas parce que personne ne s'en souciait — mais parce que ce n'est pas le rôle des infirmières, des aides-soignantes, des médecins. Eux gèrent la vie. Le reste, c'est censé venir d'ailleurs.
D'ailleurs, qui ? La famille, quand elle peut. Les bénévoles d'association, quand il y en a — et il y en a moins en moins. Les « petits coups de pouce » du personnel quand le service n'est pas saturé — c'est-à-dire jamais.
Je suis rentré chez moi ce soir-là en me posant une question simple : pourquoi y a-t-il un trou aussi gros entre « soin médical » et « présence humaine » dans nos hôpitaux ?
La troisième voie
J'en ai parlé avec ma sœur. Elle vivait la même chose, de loin. Elle aurait voulu pouvoir « envoyer quelqu'un » pour s'occuper de notre proche quand elle ne pouvait pas y aller elle-même. Un coiffeur. Une esthéticienne. Une lectrice. Une présence.
On a cherché. On n'a rien trouvé.
Il existait :
Les soignants, débordés, qui n'ont objectivement plus le temps de « passer du temps » avec un patient.
Les associations bénévoles, formidables mais avec des effectifs en baisse, des plannings irréguliers, et des contraintes géographiques.
Les services à domicile, mais qui ne vont pas en chambre d'hôpital.
Aucune solution simple, rapide, fiable. Aucune plateforme. Aucun acteur structurant.
On a vu un manque immense. Une troisième voie à construire entre le médical et le bénévole. Une présence humaine professionnelle, payée, encadrée, à la demande. Pour les familles éloignées, pour les patients qui ont besoin, pour les établissements qui voudraient offrir mieux.
La promesse Blive
On a fondé Blive en 2025 avec une conviction qui guide chacune de nos décisions :
La présence est un soin.
Pas un luxe. Pas une coquetterie. Pas un service « en plus ». Un vrai soin, au même titre qu'un médicament ou qu'un acte technique. Parce que les études le prouvent — les patients entourés guérissent mieux, ressentent moins de douleur, vivent moins de complications. Et même quand la guérison n'est plus l'objectif, l'humanité reste un objectif en soi.
Concrètement, Blive c'est une marketplace simple :
D'un côté, des familles qui veulent offrir de la présence à un proche hospitalisé, où qu'elles soient dans le monde.
De l'autre, des intervenants formés — coiffeurs, esthéticiens, art-thérapeutes, étudiants en santé, écoutants bienveillants — partout en France.
Et nous, au milieu, qui faisons en sorte que la rencontre se passe simplement, en quelques clics.
Aucun coût pour les établissements. Une présence humaine professionnelle en chambre, sur réservation. Beauté, arts et divertissement, accompagnement émotionnel.
Ce qu'on a appris en chemin
Depuis le lancement, on a déjà accompagné des centaines de prestations. Des coiffures qui ont fait pleurer de joie. Des lectures qui ont apaisé des nuits d'angoisse. Des visites qui ont rompu des semaines de solitude.
On a aussi appris qu'on avait raison sur le besoin — mais que le chemin pour le combler est plus complexe qu'on l'imaginait. Il faut convaincre des établissements parfois méfiants. Former des intervenants au monde hospitalier qu'ils ne connaissent pas toujours. Construire une plateforme qui rassure les familles. Tenir un cadre juridique solide.
On apprend tous les jours. On corrige. On affine.
Et après ?
On veut que Blive devienne le réflexe des familles françaises qui ont un proche hospitalisé ou en EHPAD. Le réflexe qu'on a aujourd'hui pour les fleurs ou pour les paniers de fruits — mais en mille fois plus utile.
On veut que tous les établissements de santé proposent Blive comme une option à leurs patients, sans aucun coût pour eux.
On veut qu'à terme, « la présence est un soin » ne soit plus un slogan, mais une évidence reconnue par les institutions, les mutuelles et les pouvoirs publics.
Il y a encore beaucoup de chemin. Mais on est convaincus qu'il y a une place pour cette troisième voie. Et on est là pour la construire.
Si vous voulez nous rejoindre
Selon qui vous êtes, plusieurs portes vous sont ouvertes :
Vous êtes une famille concernée → découvrez nos services
Vous êtes un·e professionnel·le ou étudiant·e qui veut donner du sens à son temps → rejoignez nos intervenants
Vous dirigez un établissement de santé → discutons d'un partenariat.
Vous voulez nous écrire → contact@blivehappy.com
Merci à toutes celles et ceux qui croient avec nous que la présence est un soin.
— Lavigne, cofondateur de Blive
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